UNE MARCHE FUNÈBRE CONTRE LA MISÈRE DANS LANAUDIÈRE

Communiqué
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UNE MARCHE FUNÈBRE CONTRE LA MISÈRE DANS LANAUDIÈRE

(Joliette, 10 février 2016) – Alors que les auditions publiques ont toujours cours à Québec sur le projet de Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi ainsi qu’à favoriser l’intégration en emploi (PL-70), des groupes membres du Collectif anti-pauvreté de Lanaudière, en collaboration avec Accueil Jeunesse Lanaudière, ont tenu à manifester leur opposition à ce projet qui constitue une menace grave à l’aide de dernier recours et s’attaque aux personnes les plus vulnérables de notre société..

Après s’être donné rendez-vous à la place Bourget en début d’après-midi, le 10 février, ils ont simulé une marche funèbre dans les rues du centre-ville, suivie d’une « homélie » devant le Centre local d’emploi afin d’honorer les défunts espoirs de nombreuses personnes en situation de pauvreté qui se retrouveront dans la misère suite à l’adoption du PL-70. Celui-ci prévoit d’importantes modifications au régime d’aide sociale, affectant notamment les personnes faisant une première demande d’aide sociale, qui se verront dans l’obligation de participer à un programme de formation ou d’accepter n’importe quel emploi, sous peine de voir leur maigre prestation mensuelle coupée.

« Le problème, c’est que contrairement à ce que l’on semble croire au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, les gens qui présentent une demande d’aide sociale pour une prestation de base de 623 $ par mois ne le font pas par plaisir ou par paresse, mais parce qu’il s’agit là de leur dernier recours. Ces personnes, ce sont des jeunes qui sont sur le bord de la rue et qui souhaitent s’en sortir, ce sont des femmes qui souhaitent quitter des foyers violents, ce sont des immigrants et des chômeurs âgés, qui se trouvent systématiquement exclus du marché du travail », plaide Mylène Geoffroy du MÉPAL, coorganisatrice de l’action.

« En s’appuyant ainsi sur des préjugés, on passe à côté de la réalité en plus de nier plusieurs droits humains que le Québec s’est pourtant engagé à respecter », renchérit Jacques Patenaude d’Action DIGNITÉ Lanaudière. « Si on veut vraiment aider les personnes à sortir de façon durable de la pauvreté, ce n’est pas en les appauvrissant davantage ou encore en les mettant aux travaux forcés qu’on réussira. Ce qu’il faut, c’est respecter leur dignité au moyen d’une prestation qui leur permette de couvrir leurs besoins essentiels. Pour remettre les jeunes sur le marché du travail comme on veut le faire avec le projet de loi 70, plutôt que de couper dans les prestations, il faudrait commencer par procéder à l’embauche de personnel supplémentaire, qui puisse être sur place et se déplacer, et ayant des compétences d’ordre psychosocial et professionnelles ainsi qu’une bonne connaissance du milieu du travail pour aider et orienter adéquatement les personnes et établir avec elles un plan de formation ou de recherche d’emploi qui soit réaliste. »

« C’est en assurant une justice fiscale et un réinvestissement majeur dans les programmes sociaux et les services publics que nous lutterons efficacement contre la pauvreté actuelle, et celle à prévoir avec toutes les mesures d’austérité qui appauvrissent de plus en plus la population québécoise, ou du moins le 99 % », a tenu à préciser M. Patenaude en terminant.
Des actions de protestation comme celles-ci se sont tenues dans plusieurs autres régions du Québec durant la journée, à l’appel de la Coalition Objectif Dignité. Celle-ci rallie des dizaines de groupes sociaux québécois, communautaires et syndicaux, opposés au projet de loi 70.Plus de 200 organisations ont par ailleurs signé la déclaration d’appui contre ce même projet de loi ( http://objectifdignite.org/signer-la-declaration-dappui/ ).

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Source :
Jacques Patenaude, Action DIGNITÉ Lanaudière.
Mylène Geoffroy, coordonnatrice Mouvement d’éducation populaire autonome de Lanaudière (MÉPAL).

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