DES MESURES DE JUSTICE SOCIALE ET CLIMATIQUE SONT RÉCLAMÉES

Communiqué des presse – 20 février 2020, Joliette 

En prévision des budgets provincial et fédéral 2020, des organismes communautaires de lutte à la pauvreté, des syndicats et des étudiant.es de Lanaudière s’unissent pour revendiquer des mesures fortes pour affirmer la justice sociale et climatique – dès maintenant et pour l’avenir de tous et toutes – au Québec. Des mesures sociales comme une assurance médicaments publique et universelle, un revenu viable pour toutes et tous, des transports publics abordables et accessibles ainsi que la fin des investissements dans l’industrie des hydrocarbures sont parmi les mesures porteuses de justice sociale et climatique identifiées par les membres de la Coalition du 20 février pour la Justice sociale. L’implantation de ces mesures est possible si les gouvernements choisissent d’appliquer une fiscalité progressive.

Le 20 février est une journée mondiale qui vise à rappeler aux gouvernements qu’ils ont la responsabilité de veiller à la réduction des inégalités sociales et au respect des droits de la personne. Selon l’ONU, “La justice sociale est fondée sur l’égalité des droits pour tous les peuples et la possibilité pour tous les êtres humains sans discrimination de bénéficier du progrès économique et social partout dans le monde.” Alors qu’il y a urgence d’agir dans une perspective de justice sociale et pour contrer les changements climatiques, Maya Labrosse, étudiante membre du Comité environnement étudiant Joliette, rappelle que “le Canada a une responsabilité historique quant à la crise climatique. Nous sommes parmi les plus grands pollueurs au monde, mais aussi l’un des pays les plus riches.

 

 

Des mesures pour vivre dans la dignité : un revenu viable et une assurance médicaments publique et universelle

Malgré la richesse de notre pays, les inégalités et la pauvreté sont des problèmes sociaux qui perdurent et qui sont amplifiés par la crise climatique. Parmi les conséquences des changements climatiques, nous notons l’augmentation des prix à la consommation pour les produits alimentaires, ainsi que l’augmentation des problèmes de santé. Il importe que les gouvernements implantent des mesures qui permettent à tout un chacun de répondre à ses besoins de base et de prendre soin de sa santé.

Pour Johanne Saint-Denis et Sylvain Caron, co-portes-paroles du Collectif anti-pauvreté de Lanaudière, un revenu viable, quelle que soit la source du revenu (salaire ou prestations de tous ordres), pour permettre à toutes et tous de vivre dans la dignité, l’accessibilité à des sources d’approvisionnement alimentaire (épiceries, marchés, etc.) de qualité et de proximité, les moyens de transports publics et abordables requis pour s’y rendre, sont des éléments incontournables de la justice sociale. Ces mesures pourraient stimuler la vitalité économique du Québec et réduire les effets de la pauvreté en matière de santé. Par exemple, un revenu viable, en plus d’améliorer les conditions matérielles de vie, pourrait réduire les impacts néfastes de la pauvreté sur la santé, notamment en favorisant l’accès à une alimentation de qualité et en réduisant le stress des personnes.

De plus, afin que tous puissent se soigner adéquatement, “nous souhaitons que toutes les classes de la société, sans égard à leur statut, aient accès aux produits pharmaceutiques souvent nécessaires à l’équilibre des personnes […] Actuellement, c’est bien loin d’être un système universel. Il est anormal que certains membres de notre société en viennent à devoir choisir entre leur santé et leur épicerie” ajoute Kathleen Grenon, vice-présidente à la condition féminine du Conseil central de Lanaudière.

 

Des mesures pour contrer les changements climatiques : sortir des hydrocarbures et rendre les transports collectifs accessibles et abordables

Afin d’éviter que les personnes les plus vulnérables et les travailleuses et travailleurs précaires ne fassent encore plus les frais de la crise climatique et d’assurer la justice sociale envers les peuples autochtones, il importe d’établir des mesures de réduction des gaz à effet de serre. Dans un premier temps, “le Canada doit mettre entièrement et immédiatement fin à tout projet d’exploration, d’exploitation et de transport d’hydrocarbures.” déclare Maya Labrosse. En effet, cette industrie met à mal la souveraineté des peuples autochtones sur leur territoire, détruit les écosystèmes et contribue à la dégradation générale du climat.

Ensuite, il importe de transformer nos modes de transport. En effet, au Québec, le tiers des émissions de transport est produit par le secteur routier, dont une part importante revient aux véhicules personnels.  L’électrification apparaît comme la solution. En ce sens, nous croyons que les gouvernements devraient soutenir financièrement la mise en place d’une tarification sociale selon le revenu, et ce, dans une perspective de gratuité des transports en commun. Les gouvernements devraient, en outre, soutenir financièrement l’implantation d’infrastructures de transports collectifs efficientes.

 

Mesures fiscales

Afin de soutenir les mesures de justice sociale, il importe de favoriser la redistribution des richesses par des mesures fiscales progressives. Notamment, augmenter à neuf le nombre de paliers d’imposition, augmenter les redevances sur les ressources naturelles, rétablir la taxe sur le capital des banques et lutter contre l’évasion fiscale.

Soulignons qu’un régime public d’assurance médicaments est en lui-même une mesure fiscale progressive qui rapporterait. Selon l’Institut de recherche et d’information socio-économique, un régime entièrement public d’assurance médicaments permettrait entre 1 et 3 milliards $ d’économies pour le Québec et jusqu’à 11 milliards $ pour le Canada. Tout ce qu’il faut c’est un peu de courage politique pour appliquer des mesures fiscales plus justes.

 

Le Québec a les moyens d’assurer la justice sociale et climatique !

 

 

 

 

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